Le 23 janvier 2026, près de 50 personnes en présentiel et 17 en visioconférence se sont réunies au Grand Amphithéâtre de Polytech Dijon (Université Bourgogne Europe) pour participer à la table ronde Parlons Parité, organisée par le Laboratoire ICB (merci à Alice Martin, référente parité). Une matinée d’échanges riches autour d’un constat largement partagé : les inégalités de genre traversent l’ensemble de la société, de l’enfance à la justice, en passant par la formation, la santé et le monde du travail.
Animée par Pierre Ancet, professeur en philosophie à l’Université Bourgogne Europe, la discussion a fait dialoguer des points de vue issus du monde académique, institutionnel et professionnel, mettant en lumière la diversité, mais aussi la convergence des constats.




Métiers, représentations et parcours : des inégalités bien ancrées
La table ronde s’est ouverte avec l’intervention de Mathieu Azcue, maître de conférences en maïeutique, qui est revenu sur l’histoire d’une profession longtemps réservée aux femmes, celle de sage-femme. Il a rappelé que son ouverture aux hommes est récente et que les métiers du soin restent encore fortement marqués par des représentations genrées.
Les échanges se sont ensuite orientés vers les questions de prévention et de lutte contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles. Sarah Boratav, cheffe de projet égalité-diversité à l’Université Paris-Saclay, a partagé son expérience de terrain autour des dispositifs de prévention, de formation et d’accompagnement, en insistant sur l’importance de la confiance et de la lisibilité des procédures.
Politiques publiques, justice et responsabilités institutionnelles
La discussion s’est poursuivie avec Emmanuelle Delhomme, directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité, qui a rappelé le rôle central des politiques publiques territoriales et du travail partenarial pour inscrire l’égalité femmes-hommes dans la durée.
Un éclairage judiciaire a ensuite été apporté par Olivier Caracotch, procureur de la République de Dijon. Son intervention a permis de mieux comprendre les enjeux liés à la prise en compte des violences et des discriminations par la justice, ainsi que le rôle fondamental des institutions dans la reconnaissance des faits et la protection des personnes.
Les freins persistants à l’accès des femmes aux carrières scientifiques ont été abordés par Colette Guillopé, professeure émérite en mathématiques. Elle a souligné le poids des normes sociales, des trajectoires académiques et du manque de modèles féminins, qui continuent d’influencer les parcours.
Monde du travail et constats partagés
En fin de table ronde, Karla Martinez, coordinatrice et chargée des partenariats à FETE – Femmes Égalité Emploi, est revenue sur les enjeux spécifiques du monde du travail : accès à l’emploi, évolution de carrière et lutte contre les discriminations professionnelles.
La conclusion a été portée par Marie Duru-Bellat, professeure émérite en sociologie, dont l’intervention est venue faire écho aux échanges de la matinée. Ses travaux ont permis de replacer l’ensemble des discussions dans une perspective plus large, rappelant que les inégalités se construisent très tôt, notamment à travers la socialisation et les parcours éducatifs, et qu’elles s’inscrivent dans des mécanismes systémiques largement partagés.
Un dialogue ouvert, au-delà des constats
Les échanges avec le public ont permis d’aller au-delà du simple constat, en questionnant les leviers d’action possibles, les responsabilités collectives et les marges de progression, tant au niveau individuel qu’institutionnel.




🎬 La rencontre sera prochainement disponible sur le YouTube de l’ICB.